Musée des Beaux-Arts

de Lyon

 

Le musée des Beaux-Arts est l'un des plus grands musées français et européens. Situé au centre de Lyon, entre le Rhône et la Saône, il occupe un magnifique bâtiment du XVIIe siècle. Ses collections – réparties dans 70 salles - offrent aux visiteurs un parcours exceptionnel de l'Antiquité à l'Art moderne. Le musée s'enrichit régulièrement grâce à une active politique d'acquisitions qui sollicite notamment les donateurs - amateurs, collectionneurs ou descendants d'artistes.

Notre musée est un lieu de vie. Cent trente personnes y travaillent quotidiennement pour vous y accueillir au sein de ses collections et à l'occasion de ses expositions. Que la découverte de ce site, dont le contenu est amené à se développer, vous incite à venir partager notre passion. Sylvie Ramond, Directeur du musée

Façade du Musée des beaux-Arts de Lyon - Place des Terreaux

Musée des Beaux-Arts de Lyon © Photo Alain Basset

Le musée des Beaux-Arts de Lyon, classé 1er musée en région,

5ème musée de France.


Le musée des Beaux-Arts de Lyon est classé 1er musée en région et 5e en France, après le Centre Pompidou, le Louvre, le musée du quai Branly et le musée d’Orsay. Palmarès 2013 des musées publié cpar Le Journal des Arts. La fréquentation, en baisse dans de nombreux musées français, se maintient au musée des Beaux-Arts de Lyon grâce au succès de l’exposition Joseph Cornell et les surréalistes à New York avec une bonne fréquentation des collections permanentes.

Chapelle du musée.  Médiation devant Caïn et sa race maudits des dieux d’Antoine Étex

©  Photo S. Degroisse

Le Journal des Arts souligne le dynamisme de la politique d’acquisition du musée, par l’entrée dans les collections de deux paysages de Jean-Honoré Fragonard. L’engagement du Club du Musée Saint Pierre au côté du musée, soit plusieurs entreprises mécènes, et du Cercle Poussin, comptant une centaine de mécènes particuliers, contribue au succès de la politique d’acquisition volontariste du musée.

Une programmation variée et adaptée aux différents types de public des événements originaux en collaboration avec de nombreux partenaires culturels. Le musée, très attentif à l’accueil des publics, met également à leur disposition de nombreux outils de médiation : parcours thématiques, audioguide et «œuvres en poche» dans les collections, « expo en poche » et jeux pour les enfants.

Le jardin du musée, du cloître... au jardin

Musée des Beaux-Arts de Lyon © Photo Alain Basset

Le musée des Beaux-Arts de Lyon, un peu d’histoire...

L'un des plus anciens

monastères de la Gaule


De sa fondation vers le VIe siècle à sa totale reconstruction au XVIIe, l'abbaye connaît de multiples transformations. Auparavant, à l'intérieur d'une clôture, les églises Saint-Saturnin et Saint-Pierre côtoyaient les communs et les maisons des religieuses fortunées. Par ses droits et richesses, le monastère fut toujours le plus important de la ville.

L'abbaye royale

des Dames de Saint-Pierre


En 1659, sous Louis XIV, l'abbesse Anne de Chaulnes obtient les fonds nécessaires à la construction de l'abbaye royale. Les architectes avignonnais Royers de la Valfenière conçoivent un imposant bâtiment – quatre ailes ordonnancées autour d'un cloître – dont l'architecture s'inspire de modèles italiens. Les travaux s'achèvent en 1685 sous l'abbatiat de la sœur d'Anne, Antoinette de Chaulnes.
Une trentaine de religieuses (jusqu'à 60 bénédictines en 1730, 32 à leur expulsion en 1792) vivaient sous l'autorité de l'abbesse, généralement issue de la haute noblesse. De ses appartements subsiste son oratoire privé (actuelle salle des vases grecs) aux belles colonnes de marbre rose. Au XVIIIe siècle, l'abbaye compte parmi les plus riches de France, en raison notamment des revenus tirés de la location des boutiques en rez-de-chaussée.

Détail du plan scénographique de la Ville de Lyon vers 1750 © Archives municipales de Lyon

Le réfectoire et l'escalier d'honneur : le baroque à Lyon


Th. Blanchet réalise, de 1675 à 1684, le réfectoire et l'escalier d'honneur, superbe manifestation du style baroque à Lyon. N. Bidaut (1622-1692) et S. Guillaume (actif entre 1680 et 1708) s'en voient confier les reliefs en stuc. Les tableaux La Multiplication des Pains et La Cène sont l'œuvre de P.-L. Cretey (vers 1645 - connu jusqu'en 1690).

F. Bourjol «L’entrée du cloître du palais St. Pierre

de Lyon vers 1820 © musée des Beaux-arts de Lyon

  1. S.Guillaume «St Ennemond bénissant»

1684 - 1686 © musée des Beaux-arts de Lyon

L'église Saint-Pierre


Fondée au VIIe siècle, l'église est reconstruite au XIIe siècle dans le style roman. De cette époque, on peut admirer des fenêtres retrouvées dans le passage intérieur et le splendide porche. Des chapelles latérales sont ajoutées au XIVe siècle. L'état actuel est celui conçu au XVIIIe siècle par l'architecte A. Degérando (actif à Lyon de 1731 à 1773) qui agrandit le chœur, édifie le clocher et réalise le décor d'arcs et de pilastres. Désaffectée en 1907, l'église sera attribuée au musée.


Au cœur de la ville moderne, le jardin du musée est un petit miracle de calme et d'harmonie.Un premier réaménagement du jardin intervient à partir de 1832. Sur les terrasses, une balustrade en pierre ornée de statues et de vases décoratifs entoure les terrasses. La dernière rénovation du musée (1990-1998) a voulu respecter l'ordonnancement de ce jardin où des sculptures originales animent les allées.
Les murs séculaires de l'ancienne abbaye protègent le passant du vacarme extérieur. Sous les frondaisons des tilleuls, des bouleaux et du grand chêne, les allées du jardin retentissent du rire des enfants et des conversations des flâneurs.
Toute l'année, le jardin est ouvert de 8h30 à 18h30, fermé les jours fériés.

Jardin du musée des Beaux-Arts de Lyon

© Photo Alain Basset

Vue du jardin du Musée des beaux-Arts de Lyon,

le cloître

Musée des Beaux-Arts de Lyon © Photo Alain Basset


Quelques collections du musée des Beaux-Arts de Lyon

Thèbes-Ouest (?) Début de l'époque saïte, XXVIe dynastie, vers 664-500 avant J.-C.

© musée des Beaux-arts de Lyon

Triptyque



La partie centrale de ce triptyque de la fin du XIIIe siècle représente le Christ-juge montrant ses stigmates, assis sur un trône entre deux anges portant les instruments de la Passion. Sur la partie inférieure, deux anges munis de chandeliers encadrent une Vierge à l'Enfant.

Nord de la France Vers 1260-1270. Ivoire d'éléphant sculpté, peint et doré. Legs Lambert

en 1850.

© musée des Beaux-arts de Lyon

Cercueil d'Isetenkheb



Dans ce cercueil de bois, fut déposée Isetenkheb, fille d'Ankhsyeniset, vers le VIIe siècle avant notre ère. La caisse avait pour fonction d'assurer la conservation du corps, le décor et les textes, sa protection magique.

Mercure



Par sa qualité, cette statuette de Mercure se distingue nettement des productions de série. L'artiste s'est ici inspiré de la statuaire grecque classique, et en particulier du grand sculpteur Lysippe.

Gaule romaine (?) Ier siècle après J.-C.

Bronze. Legs Lambert en 1850

© musée des Beaux-arts de Lyon

Japon. Fin XVIe - XIXe siècle

Céramique. Acquis en 1917

© musée des Beaux-arts de Lyon

Lyon (place des Terreaux) Enfoui en 1358-1360 Guerre de Cent Ans. Or et argent. Construction du parking des Terreaux en 1993

© musée des Beaux-arts de Lyon

Trésor des Terreaux


Pot contenant 543 monnaies et 2 fragments de monnaies. Le trésor des Terreaux a été découvert à Lyon en 1993. Il a été enfoui peu avant 1360, en pleine guerre de Cent Ans. Composé de 545 monnaies d'or et d'argent, il nous éclaire sur les prémices d'un commerce international lyonnais.

Bassin


Remarquable témoignage du haut degré de qualité auxquels parviennent les artisans du métal dans l'Iran sous domination mongole (1215-1353), ce bassin en laiton appartient à la production très homogène d'une région du sud de l'Iran, le Fârs.

Ensemble de céramiques

pour la cérémonie du thé



La collection de céramiques extrême-orientales réunie par le peintre Raphaël Collin, acquise par le musée en 1917, témoigne de la fascination exercée par les grès japonais sur les amateurs éclairés de la fin du XIXe siècle. Découvertes en Occident lors de l'Exposition universelle de 1878, ces productions originales vont profondément influencer les céramistes de l'Art Nouveau.


Chambre de Mme Guimard

Hector Guimard (Lyon, 1867 - New York, 1942)



Exceptionnelle illustration de l'Art Nouveau, cette chambre à coucher a été conçue par Hector Guimard l'un des plus célèbres représentants de ce courant artistique du tout début du XXe siècle.

En 1909, Guimard s'installe avec son épouse dans l'hôtel particulier qu'il a conçu avenue Mozart à Paris. Dans ce bâtiment qui s'élève sur trois étages, l'artiste met en œuvre son programme de conception "totale" alliant architecture et décoration intérieure : mobilier, carrelages, moquettes, vitraux, papiers peints, tissus des rideaux, linge de table

France 1910 - 1911. Bois de poirier, bronze doré, placages d'érable moucheté. Don de Adeline Oppenheim-Guimard en 1948.

© musée des Beaux-arts de Lyon

Pérugin (Pietro Vannucci,

dit il Perugino)

L'Ascension du Christ


Sollicité en 1495 par les bénédictins de la ville de Pérouse, Pérugin consacre trois années à la réalisation d'un retable pour le maître-autel de leur église. Dans le contrat, les délais de réalisation, l'iconographie, mais également les matériaux à employer sont précisément décrits. Si l'ensemble comprend alors 15 éléments, seules la partie centrale et la lunette , représentant l'Ascension du Christ, sont aujourd'hui conservées au musée de Lyon.

1495-1498 Huile sur bois transposée sur toile

Don du pape Pie VII, 1816

© musée des Beaux-arts de Lyon

Nicolas Poussin, la Fuite en Égypte


Nicolas Poussin représente ici un passage célèbre de l'Évangile selon saint Matthieu au cours duquel le roi Hérode ayant appris par les Mages la naissance à Bethléem du « roi des Juifs », ordonne la mise à mort de tous les enfants de la ville de moins de deux ans. Joseph est averti en songe par un ange qu’il doit fuir en Égypte avec l’enfant et sa mère pour échapper au massacre.

1657,  Huile sur toile Dépôt de l'Etat en 2008

© musée des Beaux-arts de Lyon

Paul Gauguin  Nave Nave Mahana

(Paris, 1848 - Atuona, Iles Marquises, 1903)


Ce tableau a été peint en 1896 par Paul Gauguin à Tahiti. Son titre, Nave Nave Mahana signifie Jours délicieux en langue maori. Un groupe de jeunes filles mystérieuses semblent s'adonner à la cueillette de fruits parmi les branches des végétaux. Leurs pieds sont solidement ancrés sur un sol rouge. Derrière elles, un ciel jaune. Leur immobilisme et leur monumentalité, la stylisation des formes, le rythme des éléments en frise et la palette de couleurs rappellent les représentations antiques ou dites "primitives".

1896, Huile sur toile. Acquis en 1913 © musée des Beaux-arts de Lyon

© Succession Picasso, 2007 - 10 février 1937. Huile, fusain et pastel

sur toile. Legs Jacqueline Delubac, 1997

Edgar Degas 

(Hilaire Germain Edgar de Gas, dit)

Le Café-concert des Ambassadeurs

(Paris, 1834 - Paris, 1917)


Le Café-concert des Ambassadeurs est l'un des pastels les plus connus d'Edgar Degas. L'artiste le présente dès 1877 à une exposition du groupe impressionniste.

1876-1877 Pastel sur monotype. Acquis en 1910

© musée des Beaux-arts de Lyon

   

Adresse

Musée des Beaux-Arts de Lyon
20 place des Terreaux
69001 Lyon


Entrée des expositions :

16 rue Edouard Herriot


Musée
Ouvert tous les jours sauf mardi et jours fériés de 10h à 18h, vendredi de 10h30 à 18h.
Fermetures partielles entre 12h30 et 14h.

Métro Lignes A et C, station

Hôtel de ville - Louis Pradel

Bus Lignes C3, C5, C13, C14, C18, 9, 19, S1, S6, S12, 171


Parking Terreaux,

Hôtel de ville - Louis Pradel et Opéra


20 place des Terreaux - 69001 Lyon Tel : 04 78 29 68 15

La librairie-boutique


En accès libre, au 1er étage du musée. Ouvert tous les jours sauf le mardi de 10h à 17h45 (vendredi 10h30 à 17h45). Ouvert aux jours et heures des grandes expositions. A l'entrée des grandes expositions du musée, un comptoir propose une sélection de publications sur le thème de l'événement. En accès libre, à l'entrée de l'espace des expositions.

Une terrasse au centre ville de Lyon, abritée sous les tilleuls et baignée de calme, qui dit mieux ? Ce lieu atypique au 1er étage du Musée des Beaux-Arts de Lyon est accessible par le jardin du musée.

Laissez-vous tenter par un tartare à l'italienne, une salade de fèves au saumon fumé ou encore un smoothie minute, le tout dans un bain de soleil ; une seule adresse : les Terrasses Saint-Pierre ! Restauration à toute heure (jusqu'à 17h) et brunch le week-end (11h-15h). Le café-restaurant  du musée assure déjeuners de groupes et réceptions. Sa capacité d'accueil passe de 70 couverts l'hiver à 120 l'été.

Les Terrasses Saint-Pierre

En accès libre, au 1er étage du musée.

Ouvert tous les jours, de 10h à 17h30

(vendredi 10h30 à 17h30), sauf le mardi et les jours fériés.

Café-restaurant

Les Terrasses Saint-Pierre

20 place des Terreaux - 69001 Lyon Tel : 04 78 39 19 65

Deux grands musées de Lyon

à tarif réduit


Dès le 20 décembre, date d’ouverture au public du musée des Confluences, les deux institutions s'associent pour proposer à leurs visiteurs un tarif préférentiel : accès au tarif réduit sur présentation du billet de l’autre musée (valable pour les billets collections permanentes, exposition et billets jumelés).

Musée des Beaux-Arts : tarif réduit à 4€ pour les collections (au lieu de 7€) et 9€ pour l'accès aux collections permanentes et exposition (au lieu de 12€) sur présentation du billet d’entrée au musée des Confluences,

Musée des Confluences : tarif réduit à 6€ (au lieu de 9€) Exposition permanentes et temporaires sur présentation du billet d’entrée au musée des Beaux-Arts de Lyon.

En visite à Lyon pour 1, 2 ou 3 jours ?  La City Card est la clef pour visiter tous les musées de la ville !








Accès illimité au réseau de transport en commun, entrée à chacun des 22 musées de la ville et leurs expositions temporaires.  Réservation des visites guidées de Lyon Tourisme et Congrès. Embarquement pour une croisière sur la Saône.  Billets pour un spectacle de Guignol,  visite d'ateliers de soierie, balade à Vélo'v ou en Cyclopolitain...

Exposition :

Henri Matisse (1869-1954)


Le laboratoire intérieur


du 2 décembre 2016 au 6 mars 2017

Henri Matisse Jackie , 19 4 7

Collection particulière. Photo © chris burke, NY © succession H. Matisse

Pablo Picasso, femme assise sur la plage

(Malaga, 1881 - Mougins, 1973)


Pour Picasso, l'année 1937 est celle de Guernica (Madrid, centre d'art Reine Sophie) exécuté en juin pour le pavillon espagnol de l'Exposition internationale. C'est aussi l'année d'autres expérimentations. Il reprend ainsi, en février, le thème des baigneuses, déjà développé à la fin des années 1920. Thème qu'il déclinera uniquement en sculptures peu après. Au lieu de jouer à la balle ou de sauter dans les airs, les baigneuses sont désormais repliées sur elles-mêmes, leurs corps s'inscrivant dans un ovale.

Pierre Bonnard

Fleurs sur une cheminée

au Cannet

(Fontenay-aux-Roses, 1867 - Le Cannet, 1947)



Dans une atmosphère lumineuse, un large bouquet d'anémones aux tons contrastés attire le regard et anime l'espace. La cheminée sur laquelle il est posé semble en léger déséquilibre, à peine retenu par la verticalité d'un personnage debout que l'on aperçoit à droite. Travaillée en petites touches vibrantes, la toile évoque la douceur d'un instant matinal baigné d'une chaude lumière.

© ADAGP Paris 2007- 1927 Huile sur toile

Legs de M. et Mme Léon Bouchut en 1974

Fârs, Iran 1347 Alliage de cuivre martelé et gravé, incrusté d'or, d'argent et de pâte noire. Legs Tripier

© musée des Beaux-arts de Lyon

Nouvelle Acquisition au musée

un nouveau Poussin (1594-1665)

«La Mort de Chioné»








Nicolas Poussin (1594-1665), La Mort de Chioné,

huile sur toile ; H. 109,5 ; L. 159,5 cm, Lyon, musée des Beaux-Arts de Lyon

© Lyon MBA – Photo Alain Basset

Une grande rétrospective consacrée à Henri Matisse (1869-1954) se tient au musée cet automne. Artiste reconnu pour ses peintures au chromatisme vibrant et éblouissant, Matisse s’est aussi adonné à la pratique du dessin, discipline quotidienne qui lui a permis de conquérir la plus grande liberté.

L’exposition retrace, autour d’environ 250 œuvres, l’épanouissement de son œuvre dessiné autour de quelques séries : les académies, les dessins au pinceau fauves de 1905-1906, le travail du portrait dans les années 1910, les « cinquante dessins» ingresques de 1919-1920, annonçant les odalisques de la période niçoise, les dessins au trait transparents de 1935-1937, aussitôt suivis de grands fusains longuement travaillés en 1938-1939, la « floraison » des Thèmes et variations en 1941-1942 et les derniers dessins au pinceau monumentaux des années 1947-1952.

Le musée avait déjà présenté les œuvres de Matisse conservées au centre Pompidou lors de sa réouverture en 1998, et rend, par cette exposition, un nouvel hommage à l’artiste qui en 1941, subit une opération à Lyon. Matisse en ressortira «ressuscité», riche d’une énergie nouvelle, comme en témoigne l’épanouissement de son œuvre à venir. Particulièrement attaché à la ville, Henri Matisse donnera au musée des beaux-arts un ensemble de dessins de la série

Thèmes et variations et de livres illustrés, qui complètent aujourd’hui, au sein des collections, deux peintures majeures : le portrait de L’Antiquaire Georges Joseph Demotte (1918) etJeune Femme en blanc, fond rouge (1946). Les liens de l’artiste avec Lyon seront présentés, en continuité de l’exposition, dans les collections modernes du musée.

Commissariat de l’exposition,


Sylvie Ramond :

Conservateur en chef du patrimoine, directeur du musée des beaux-arts

de Lyon, chargée des peintures et sculptures du XXe siècle et du cabinet

d’art graphiques,


Isabelle Monod-Fontaine :

Conservateur général du patrimoine honoraire

L’exposition est organisée dans le cadre du quarantième anniversaire du centre Pompidou. Elle reçoit le soutien du club du musée saint-Pierre, de la Fondation Total, de sIer constructeur, du Fonds des célestins et pour la publication du catalogue, du cercle Poussin.  Cette exposition est reconnue d’intérêt national par le ministère de la culture et de la communication / direction des musées de France. elle bénéficie à ce titre d’un soutien financier exceptionnel de l’état.

Apprendre / désapprendre

Matisse a vingt-et-un ans lorsqu’il se rend à Paris pour se former à l’écoledes arts décoratifs et à l’école nationale des beaux-arts, notamment dans l’atelier de Gustave Moreau, où il côtoie, entre autres, Marquet et Rouault. Il copie les maîtres au Louvre et admire tout particulièrement Vermeer, Chardin, Corot, Puvis de Chavannes, Pissarro, ou encore Redon. entre 1899 et 1903, il se met à l’école de Cézanne en quête de son propre langage pictural et cette influence doublée de celle de Rodin l’amène à confronter la peinture et la sculpture, la couleur et le noir et blanc.

la grammaire des poses

La période 1904 -1908 est généralement associée dans l’œuvre de Matisse à l’avènement de la couleur pure. ce traitement éloigne Matisse du divisionnisme de Signac, sous l’influence duquel il avait peint sa première toile emblématique de 1904 : Luxe, calme et

volupté (Paris, musée national d‘Art moderne)dont l’inspiration arcadienne sera déclinée dans Le Bonheur de vivre

(1905-1906 ; Philadelphie, Fondation Barnes), évoquée dans l’exposition par un paysage et par des esquisses de figures. La polarité essentielle entre la couleur et le dessin est alors au cœur des questionnements de Matisse. Plusieurs œuvres de cette section témoignent de l’exploration graphique des étés 1905-1906 : de l’usage du calame et de l’encre de chine, du recours à la gouge révélant par épargne dans le bois d’épais contours.

Henri Matisse : Japonaise au bord de l’eau, 1905

Museum of modern art, New York digital image

© 2016, The museum of modern art, New York/scala,

Florence © succession H. Matisse

Une danse 
immobile

À partir de 1908, l’œuvre de Matisse

témoigne d’un recentrement sur la figure,

expression absolue de la vie pour l’artiste. L’approche conceptuelle de la forme est au cœur de ses préoccupations ; le rapport à la réalité devient extrêmement ténu. ainsi, La Danse I (1909 ; New York, Moma), puis La Serpentine (1909 ; Philadelphia Museum of art) résultent de cette volonté teintéedu bergsonisme ambiant de produire l’effetd’un mouvement et d’une expansion spatiale à partir de la représentation d’une figure statique. Matisse séduit les collectionneurs d’avant-garde, les américains Stein, puis les russes Chtchoukine pour qui, il réalisera de 1909 à 1910 La Danse et La Musique (saint-Pétersbourg, musée de l’ermitage) et Morosov.

Henri Hatisse. Étude pour La Danse, 19 0 9

collection particulière.Photo © Jean-Louis Losi

© succession H. Matisse.

du portrait 
au visage

Matisse ne s’est expliqué que tardivement sur son intérêt de toujours pour le «visage humain». Mais, tout particulièrement entre 1910 et 1917, encouragé par un groupe d’amateurs fervents, passionnés d’art byzantin, et disciples de Bergson, il s’engage dans un travail d’approfondissement et de dépouillement, renouvelant en profondeur ce thème

spécifique. dans le portrait d’Yvonne Landsberg, en 1914, dans ceux seulement dessinés d’Eva Mudocci ou de Josette Gris en 1915, dans celui de Greta Prozor en 1916, ou de Georges Besson en 1918...

Henri Matisse / Portrait de Greta Prozor, f i n 1916

Centre Pompidou, musée national d’Art moderne /

centre de création industrielle, ParisPhoto © centre Pompidou, mNam-ccI, dist. rmN-Grand Palais /Georges meguerditchian © succession H. Matisse.

... Matisse n’hésite pas à déconstruire et recomposer le visage de ses modèles, à les dénuder jusqu’à l’os, produisant des œuvres dérangeantes, souvent incomprises de leurs commanditaires mêmes. Il s’appuie sur une utilisation subtile des différentes modalités du dessin, une pratique qu’il développera encore par la suite et théorisera trente ans plus tard. En effet, dans les constellations de dessins ou de gravures liées aux portraits des années 1914-1916 coexistent déjà une cinématographie d’instantanés, et une part d’élaboration raisonnée. Pour autant, c’est dans et par la peinture que Matisse accède finalement à la vérité spirituelle de ses modèles.

Henri Matisse / Portrait de Greta Prozor, 1916

Centre Pompidou, musée national d’art moderne /

centre de création industrielle, Paris Photo © centre Pompidou, mNam-ccI, dist. rmN-Grand Palais /Philippe migeat © succession H. Matisse.

Arbre et  & oranges

En préface au catalogue de l’exposition Matisse, Picasso, présentée à la galerie Paul Guillaume à Paris en 1918, Guillaume Apollinaire écrivait : « si l’on devait comparer l’œuvre d’Henri Matisse à quelque chose, il faudrait choisir l’orange. comme elle, l’œuvre d’Henri Matisse est un fruit de lumière éclatante ».

La séance de pose

À partir de la fin 1916, Matisse s’engage dans un nouveau système de travail, un face à face quotidien, répété pendant des mois et parfois des années, avec un modèle unique ou presque. Laurette pose ainsi pour une quarantaine de toiles, et des dessins au fusain particulièrement puissants. après la rupture que marque l’installation à Nice, et pendant toute l’année 1919, lui succède la jeune Antoinette Arnoud. elle suscite une série dessins, tantôt minutieusement fouillés, tantôt plus elliptiques, que Matisse prend la décision de rassembler dans un album édité  « cinquante dessins par Henri Matisse» est le premier livre composé par l’artiste, le premier dans le contenu et l’élaboration duquel il s’est engagé.              



                                

Henri Matisse / Grand odalisque à la culotte Bayadère 1925. Lithographie numérotée 14/50 © succession H. Matisse 2016.Photo : © INHA,

dist. RMN- Grand Palais / Image INHA

la forme
odalisque

Actrice, musicienne et ballerine, Henriette darricarrère devient le principal modèle de Matisse de 1920 jusqu’en 1927,  son corps incarnant à lui seul la forme odalisque. L’Odalisque à la culotte rouge

(1921 ; Paris, mNam) inaugure ainsi une longue série d’œuvres où l’odalisque n’est plus un simple motif ou une catégorie iconographique, mais rend compte d’une nouvelle unité de surface picturale qui advient de la tension du corps et du décor.

MÉTAMORPHOSES
NYMPHE & FAUNE

Un projet d’illustrations à l’eau-forte pour le recueil Poésies de Mallarmé publié par Skira en 1932 invite Matisse à aborder un thème inspiré de la mythologie. Le fusain sur toile Nymphe et faune (1935-1943 ; Paris, mNam) appartient à une série de dessins dont la chronologie précise est difficile à établir tant Matisse a modifié et repris l’ensemble des œuvres jusque dans les années 1940. sous une autre forme, la peinture Verdure intitulée aussi Nymphe dans la forêt (Nice, musée Matisse), conçue à l’origine comme un carton de tapisserie à l’instar de

Tahiti I auquel il fait suite, reprend en 1935 ce thème.

Henri Matisse, Nymphe et faune,

1942 - 43 Centre Pompidou, musée national d’art moderne / centre de création industrielle, Paris.  Photo © centre Pompidou, mN am-ccI, dist. rmN-Grand Palais / Philippe migeat © succession H. Matisse.

Fin 1935, Lydia delectorskaya, assistante de Matisse pour La Danse avant d’être son modèle, inspire la série de «Nus couchés» exposée en janvier 1936 à Londres, dont unepartie des dessins au trait est immédiatement reproduite dans un numéro spécial de Cahiers d’art. Un grand nombre de variantes mêlant les mêmes éléments (nu, miroir, reflet du modèle, présence de l’artiste par quelques indices) est déclinée avec jouissance jusqu’en 1937.

Ci-dessus : Henri Matisse La Blouse roumaine,  1936. Museum of art, baltimore. 

Photo © by mitro Hood © succession H. Matisse.

Ci-dessous : Henri Matisse, La Blouse roumaine, 1937. Cincinnati art Museum.

Photo © bridgeman Images © succession H. Matisse


En contrepoint de sa collection de tissus, tentures et tapis, véritable « bibliothèque de travail », Matisse constitue pour ses modèles un vestiaire qui vient s’enrichir, au milieu des années 1930, de nombreuses

blouses roumaines. L’intérêt de longue date pour ce vêtement semble avoir été accru au contact de Theodor Pallady, peintre roumain et ancien camarade de l’atelier Moreau, mais aussi par la présence de Lydia delectorskaya, jeune femme d’origine russe, qui s’impose alors comme son modèle de prédilection. dans cette période où Matisse est à la recherche d’une méthode de construction plus simple.

LA BLOUSE 
ROUMAINE
INTÉRIEURS DE VENCE
COULEURS, 
NOIR & BLANC

La saison des Intérieurs de Vence, ultime «floraison» de la peinture de Matisse, commence au printemps 1946, et se termine deux ans plus tard avec Grand Intérieur rouge, qui synthétise cette série éblouissante, et renvoie aussi à

L’Atelier rouge de 1911. Une double série en fait, où les toiles violemment colorées s’accompagnent de grands dessins tracés au pinceau et à l’encre, d’après les mêmes motifs : intérieur (atelier)/ extérieur (jardin), nus, fougères ou grenades, et toujours les palmiers qui emplissent les fenêtres de la villa de Vence où Matisse s’est installé en juin 1943. entre peinture et dessin, Matisse fait jouer magistralement le noir et la couleur, la ligne et la tache, la lumière du blanc et celle du noir. L’ensemble est exposé en 1949, avec un grand succès public, à New-York, puis à Paris.

Ci-dessus à droite  : Henri Matisse, Grand intérieur rouge, 1948

Centre Pompidou, musée national d’art moderne / Centre de création industrielle, Paris. Photo © centre Pompidou, mNam-ccI,

dist. rmN-Grand Palais / Bertrand Prévost © succession H. Matisse.


Ci-dessous : Henri Matisse, Dahlias et grenades,1947 Museum of modern art, New York digital image © The Museum of modern art, New York/scala, Florence © succession H. matisse.


DU VISAGE 
AU MASQUE
Après Aragon, portraitiste à son tour portraituré, ce sont les visages de ses petits-enfants que Matisse soumet au processus des «Thèmes et variations».
Tous deux adolescents, Claude Duthuit et Jackie Matisse retrouvent leur grand-père après la séparation de la guerre, respectivement en 1945, et en 1947.
d’après eux, il dessine des fusains d’étude, travaillés longuement, puis de rapides variations au trait, nées de sensations successives et instantanément transcrites, et aussi des « faces » simplifiées, encore portraits et déjà masques. L’ensemble est à mettre en rapport avec ce mot de Matisse : « La face ne ment point : c ’est le miroir du cœur ».

Ci-dessus : Henri Matisse, Jackie , 1947.  Collection particulière. Photo © chris burke, NY © succession H. Matisse.

chapelle de vence,

couleur-lumière

L’ultime projet monumental de

Matisse, malade, est né de la rencontre avec Monique Bourgeois, une jeune infirmière, sa confidente et son modèle, qui entra dans la communauté des dominicains de Vence. À l’automne 1947, elle fait part à Matisse du dessein d’agrandir la chapelle de leur foyer. avec l’aide du frère Louis-B. Rayssiguier et du Père Couturier, Matisse élabore un projet qui sera approuvé par les architectes Auguste Perret et Milon de Peillon. conçue et réalisée entre 1948 et 1951, la chapelle de Vence permettra à Matisse de concevoir un espace dans sa globalité et d’élaborer un langage pictural qui se présente comme une synthèse de son œuvre : «Dans la chapelle, mon but principal était d’équilibrer une surface de lumière et de couleurs avec un mur plein, au dessin noir sur blanc.

Henri Matisse, Jésus tombant pour la troisième fois, 1949

Musée Matisse, Nice. Photo © Ville de Nice – service photographique

© succession H. Matisse.

En complément du parcours de l’exposition, un accrochage présenté au sein des collections permanentes du XXe siècle évoque les relations que Matisse a entretenues avec le musée  des beaux-Arts de Lyon à la suite de son opération de janvier 1941, à la clinique du Parc,  qui réussit « comme par miracle » et qui fait de lui un véritable « ressuscité ». sont présentés les ouvrages illustrés qu’il donne au musée de 1943 à 1950 : Dessins, thèmes et variations (1943), Pasiphaé d’Henri de Montherlant (1944), Visages d’après Pierre Reverdy (1946), Lettres portugaises (1946), Repli d’André Rouveyre (1947), Les Fleurs du Mal de Charles Baudelaire (1947), Florilège des Amours de Ronsard (1948) et Poèmes de Charles d’Orléans (1950), de même que le portrait de L’Antiquaire Georges Joseph Demotte peint en 1918 et acquis en 1947.

MATISSE & LYON

           ACTIVITÉS AUTOUR DE L’EXPOSITION

           À NOTER :

Visites  commentées tout public

Lundis à 12h15 Durée – 1h

Jeudis à 16h Durée – 1h30

samedis à 10h15 et 12h30

Durée – 1h30. Visites commentées

en soirée

Vendredis 17, 24 février et 3 mars,

samedis 18, 25 février et 4 mars

À ces dates, l’exposition reste

ouverte de 18h à 22h.

Visites commentées à 18h30, 19h,

20h et 20h30 Durée - 1h.

Jeudi 15 décembre


Conférences auditorium du musée à 18h30 Durée – 1h. Vêtements et textiles : les motifs de Matisse chez Yves  Saint Laurent en partenariat avec la Fondation Pierre Bergé - Yves Saint Laurent Par

Sandrine Tinturier, responsable de la conservation textiles et arts graphiques

à la Fondation Bergé -Saint Laurent.



Autour du livre d’artiste

Par Patrice deparpe, directeur du musée départemental Matisse du Cateau-

Cambrésis date communiquée prochainement sur le site

www.mba-lyon.fr

matisse et l’art contemporain avec un artiste contemporain date communiquée prochainement sur le site

www.mba-lyon.fr


Vendredi 2 décembre de 18h à 22h


thèmes et variations en partenariat avec Piano à Lyon, avec le pianiste Nathanaël Gouin. La musique joue un rôle important dans l’œuvre et dans la vie de Matisse, comme source d’inspiration, motif décoratif ou univers artistique. Les compositeurs de son temps dont il était proche, tels Satie et Debussy, ont comme lui œuvré à l’avènement de la modernité.

Vendredi 6 janvier de 18h à 22h


La danse de matisse

en partenariat avec le chorégraphe Denis Plassard  Compagnie Propos

La danse et le mouvement sont au cœur des recherches artistiques d’Henri Matisse. Denis Plassard proposera au public une danse inspirée par la joie et les couleurs qui habitent l’œuvre de l’artiste.

Vendredi 3 février de 18h à 22h


Les écrits de matisse en partenariat avec l’ENS – École Normale Supérieure de Lyon et le TNP – Théâtre National Populaire. Les textes de Matisse nous éclairent sur son travail, sa pratique, ses aspirations. La lecture d’extraits littéraires, artistiques ou intimes par

des acteurs donne vie à différents écrits sur son œuvre.


Remerciements sincères au musée des Beaux-Arts de Lyon,  Madame Sylvie Ramond, Directrice du musée
Sylvaine Manuel de Condinguy Chargée des relations  avec la presse, Musée des Beaux-Arts de Lyon. 
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