Musée de l’Hospice Comtesse
Lille
 

Musée

l’Hospice Comtesse de Lille

@ Droits réservés

Situé au coeur historique de la ville, en bordure de l’ancien lit de la basse Deûle et du port, le musée de l’Hospice Comtesse reste l’un des derniers témoignages lillois de l’action des comtes de Flandre. Fondé en 1237 par la comtesse Jeanne de Flandre dans l'enceinte de son propre palais, l'hôpital Notre-Dame reste l'un des derniers témoignages lillois de l'action des comtes de Flandre. Les bâtiments de la cour d'honneur présentent un panorama de l'art de bâtir à Lille du XVe au XVIIIe siècle et attestent de la richesse d'une institution charitable au cœur de la ville.

@ Droits réservés

La chapelle @ Photo : Pierre-André L

Poussez les portes de cet ancien hôpital médiéval

Avec un peu

d’histoire...

A l'étage, le visiteur se glisse dans le dortoir des religieuses

où il peut admirer les collections d'arts appliqués illustrant la vie lilloise de l'Ancien Régime

à la Révolution Française. Majestueuse dans la cour d'honneur, l'incontournable

salle des malades du XVe siècle accueille régulièrement des expositions, y compris d'art.

L’Hospice côté jardin @ Photo Pierre-André L

Dortoir des religieuses @ Photo AccrocheCoeur

Un lieu touchant riche 
en histoire

Le réfectoire  @ Photo Brian Human

La cuisine @ Photo AccrocheCoeur

Parcourez l'histoire

de la cité

et la splendeur

de la vie lilloise


Dans le dortoir, une sélection d’œuvres illustre l’histoire de la cité et la splendeur de la vie lilloise du XVIe siècle à la Révolution française. Les bois sculptés, les peintures et les documents graphiques y décrivent le paysage urbain et l’architecture de la ville, les galeries de portraits des comtes de Flandre d’Arnould de Vuez et des Ducs de Bourgogne en évoquent le contexte politique tandis que les fêtes traditionnelles locales s’expriment dans les peintures de Louis et François Watteau telles des chroniques de la société lilloise de l’Ancien Régime.

Fondé en 1237 par la comtesse Jeanne de Flandre (1200 -1244) dans l’enceinte de son propre palais, l’hôtel de la Salle, l’ancien hôpital est placé sous la protection de la Vierge. Aujourd’hui, les bâtiments de la cour d’honneur du musée offrent un panorama de l’art de construire à Lille du XVe au XVIIIe siècle (salle des malades, bâtiments de vie communautaire des religieuses, aile 1724, chapelle).

Plongez dans la vie quotidienne des Augustines

Le rez-de-chaussée du bâtiment de la communauté s’attache à recréer l’intimité d’une maison flamande aux XVIIe et XVIIIe siècles grâce notamment aux carreaux de faïence de la cuisine, au mobilier sculpté du réfectoire et aux objets des arts de la table sans omettre de rappeler la vocation spirituelle et hospitalière du lieu avec la chapelle, la pharmacie et le jardin médicinal.

Ci-dessus : Salle de réception

@ Photo AccrocheCoeur

A droite : Presse linge dans la buanderie

@ Photo AccrocheCoeur



Détail d’un tableau de François Watteau

@ Photo AccrocheCoeur





Exposition :  SAFET ZEC

La peinture & La Vie

du 12 octobre 2016 

Exposition prolongée au 15 février 2017

@ Droits réservés

Cet automne, le Musée de l’Hospice Comtesse expose les dernières créations de l’artiste bosniaque Safet Zec. Les oeuvres présentées, réalisées pour l’essentiel après 2000, dévoilent quinze années de réflexion et de passion autour de l’art de peindre, de figurer le réel, de restituer le monde avec profondeur et intensité.

Exposer près d’une centaine d’œuvres de cet artiste au Musée de l’Hospice Comtesse s’est révélé comme une évidence tant l’hospitalité de cet ancien hôpital médiéval semble faire écho à l’humanité qui émane des toiles de Zec. La fragilité même de l’existence, le désir puissant d’exprimer la vie y trouvent alors toute leur mesure.

Dans la salle des malades du musée, l’art de Safet Zec se fait tout d’abord monumental à l’image de ses façades vénitiennes et de la série, douce et mélancolique, des barques. Son art se concentre aussi sur des détails et des objets familiers comme les chaises, les tables d’atelier  son atelier à Venise, Et, surtout, il est sublimé, par la succession des drapés, des étreintes, des plis.

La rencontre avec la chapelle attenante inspire à Zec la création d’une œuvre pour cette exposition lilloise, une toile grand format, qui rejoint son goût pour la composition forte et la présence tangible de l’homme.

La dernière salle d’exposition, propose un parcours autour des gravures à la pointe sèche ou à l’eau forte ainsi que les toiles de petits formats et les carnets d’étude de l’artiste. Et aussi à entrevoir les figures auxquelles il s’adresse avec admiration et talent, celles des Antiques avec la Victoire de Samothrace et celles de Michel-Ange, Léonard de Vinci, Mantegna, Rembrandt, Bacon... Le Musée de l’Hospice Comtesse vibre et se révèle autrement sous l’œuvre et le regard d’un Safet Zec traversé par la vie.

Départ (détail), 2009 -

Huile sur toile - © Francesco Allegretto

A gauche : Drap sur le chevalet, 1998 -

aquatinte et eau-forte [135x100cm]

Safet Zec


Est né en 1943 à Rogatica (ex- Yougoslavie). Dès l’école élémentaire, Safet dessine avec une maîtrise qui provoque l’enthousiasme de son entourage. L’année de ses douze ans, un journal publie un article sur l’enfant qui veut devenir peintre, le « wunder kind », l’enfant prodige, et l’illustre par l’un de ses croquis. « Après la seconde guerre mondiale, la situation était difficile. Avoir des préoccupations artistiques était étrange. Je voulais rêver qu’un autre monde était possible ». Il pratique dessin et peinture. « J’avais quinze ans. A l’époque, j’étais barbouillé de la tête aux pieds de couleur et d’huile, de fusain écrasé, de crayon, de mine de plomb, je trempais dans l’odeur de la térébenthine ».

Aux origines de l’artiste

" Corps pendu " (vue de face), 2016

Tempera, collage et acrylique sur papier

[200x140cm] - en cours de réalisation

dans l'atelier de l'artiste

façade vénitienne, 2010 - Tempera et acryliques sur papier [210x350cm]

Ma peinture est pleine de souvenirs,

de symboles  (les arbres, la maison

de la sœur, la chambre). » Safet Zec

De l’autre côté de la rue

Façades, portes, fenêtres & barques

Quand Zec peint, la surface n’est ja- mais vierge. Il s’inscrit dans la tradi- tion des grands maîtres et prépare un fond «où il se passe des choses»: des pages jaunies de journaux ou de vieux livres sont collées sur la toile sur laquelle tempéra, aquarelle ou acrylique se confondent en une ma- tière unique.

Et comme les barques, ces façades ne sont peut-être que le souvenir d’une seule. Celle d’une maison de Sarajevo laissée à l’abandon par des propriétaires en proie à l’exil. Celle d’une embarcation en attente d’une traversée sur le grand canal.

Il peint les façades, les portes, les fenêtres, les barques, avec mé- lancolie et humilité au gré d’une pa- lette économe et austère de terre d’ombre et de Sienne. Et pour les couleurs, quand elles sont là, elles vont du jaune de Naples à l’ocre jaune, du carmin au vert de Chine.

De l’autre côté de la rue de son enfance, se dressait une façade blanche aux multiples fenêtres. Le jeune garçon qu’était Safet avait pris l’habitude d’observer les manies de chacun.

Désormais les souvenirs s’imposent et petit à petit les fenêtres se décalent. Car chaque existence, derrière ces fenêtres, est singulière. Dans son oeuvre, il y a alors et d’abord les maisons de Sarajevo puis celles de Venise et les barques aussi. Et puis peindre à Venise était un rêve d’étudiant. Ici, l’espace de la toile n’est que façade : pas de ciel pour les sur- plomber, pas de sol où les fonda- tions s’enfoncent.

Les blancs, mystérieux drapés



De la simple serviette au linceul, avec ses mystérieux draps blancs, Safet Zec touche aux préoccupations ultimes de l’homme : l’amour et la mort. Le blanc est celui des lits défaits, des peignoirs, des torchons jetés sur les dossiers de chaises, des chemises, des nappes, des bâches dont les plis s’affaissent et se courbent, des plissés fins et tourmentés de la Victoire de Samothrace, icône de l’art antique.

Motif récurrent de l’histoire de l’Art, le drapé était une pratique ordinaire des ateliers de peintre à la Renaissance. Les tissus étaient simplement suspendus aux murs, mis en scène sur un siège ou directement sur des modèles.

Ces drapés sont aussi des blancs, blancs ombrés sur fond sombre. L’ensemble irradie une lumière nocturne ou crépusculaire et porte un drame silencieux, une vie cachée. L’homme s’est absenté mais il est là, présent : par ses traces quotidiennes, son humble obstination à vivre, même en silence.

Façade vénitienne, 2010 - Tempera et acryliques sur papier [210x350cm]

« L’homme s’est absenté : il prend le temps de respirer, de réfléchir ; le temps de sourire. Il s’est absenté pour faire du temps, comme on dit en espagnol, Hacer tiempo. » Jorge Semprun

Drap sur le chevalet, 1998

Aquatinte et eau-forte [135x100cm]

Luigi, 2010 -

Encre de chine, tempera et collage sur huile sur toile [160x120cm] papier sur toile [100x180cm]

L’atelier à Venise. C’est là que transparaît la quête de la peinture. C’est là que Safet Zec donne rendez-vous à ses apparitions. Dans cet atelier, grande halle à la charpente apparente, aux fenêtres hautes et coiffée d’une mezzanine, il y a plusieurs pièces. L’une d’entre elles tient lieu de réserve. Il y a des meubles aux vastes et larges plats tiroirs pour les gravures. Des toiles au long des murs. Des chevalets. Une large table sur des tréteaux. Quelques tubes. Des boîtes. Des bottes de pinceaux. Des livres. Des carnets. Grands. Carrés. Quelques rares toiles accrochées aux murs.

De l'atelier à la table,

de la table à la nature morte



La table est l’objet universel de la recherche créatrice de Zec : c’est une scène sacrée qui devient, au fil des œuvres, de plus en plus encombrée de matériel de peinture, d’objets du quotidien, de vieux journaux. De la table, vient la chaise, puis les objets familiers, humbles et inévitables : le pain, rompu ou intact, une assiette, un fruit, seul ou en amoncellement, des bouteilles, des cartons, des oignons, des godasses... Zec renoue ainsi avec la plus ancienne des traditions occidentales, celle de la nature morte. L’objet est là, présent, et il devient le personnage principal de son art. S’installe alors un dialogue tragique avec le temps.

« Ce n’est rien, presque rien. Ce sont des objets humbles, banals, quotidiens. C’est là. Et ça n’a pas d’autre raison d’être que d’être là. Pour la peinture. Par la peinture » Pascal Bonafoux.

Ci-dessous :Table du peintre, 2009-2010

Tempera et collage sur papier [160x220cm]

L’aquarelliste



« Et tout à coup, une photographie arrête son re- gard.(...). C’est une photographie de Doisneau. C’est un homme assis avec une boîte d’aquarelle sur les cuisses. (...) C’est un pauvre homme chez lui, assis sur son lit, un sommier de fer qu’on aura déposé sur le trottoir. (...) Et comme la table de nuit sous la fenêtre, un cageot (....). ».

C’est là qu’habite Maurice Duval, un chiffonnier, photo- graphié par Doisneau en 1948 en plein coeur de Pa- ris. « C’est devant cette photographie, qu’à l’automne 2005, s’arrête Zec. Parce que ... parce que le regard d’humilité et d’inquiètude de Maurice Duval ... parce que Zec y a retrouvé ces objets que l’on voit sans les regarder, ces objets qu’il peint depuis des années, un cageot, un arbre, des chaussures ... ».

L'aquarelliste, 2005 - huile sur toile [200x180cm]

Eternelles étreintes


Ce sont presque toujours des corps sans visage que peint Zec, des corps anonymes à quelques exceptions près comme Luigi, son modèle ou Maurice Duval, l’aquarelliste.

Les mains. Il s’agit plus exactement de l’obsession des mains, une main quasi- anatomique avec ses veines, ses os, ses marques, son histoire. Elles sont jointes, ballantes, tendues ; elles sont inspirées par les photographies d’actualité, les actualités de pendant et d’après la guerre, les guerres. Ce mouvement, cet élan de la main, des bras nus ou drapés, peints ou dessinés sur des pages de journaux encollées sur des toiles, peuvent être ceux de la prière, de la supplication, de l’aban- don ou de la souffrance.


Deux thèmes se croisent et se rencontrent avec force : le corps tangible de l’homme et l’art du drapé, le drapé blanc qui révèle une présence, la trace d’une silhouette disparue. Deux thèmes se croisent et se confortent : le geste éloquent, celui des mains et des bras qui serrent, enserrent, embrassent, enlacent, portent et supportent l’autre - un frère, une femme, une mère, un fils, une amante - enveloppés dans des linges, en chemise, en manteau, tout de plis et de matière.

Les réalisations les plus récentes de Safet sont de grands blancs, résolument gigantesques, sillonnés d’ombres, de traces de silhouettes déjà disparues, empreintes de corps et de mémoires d’âmes et d’histoires. »

Giandomenico  Romanelli

Mains sur le visage

vernis mou et pointe sèche [70x50cm]

Départ (détail), 2009-2010 - huile sur toile [220x160cm]

Une création

inédite



La rencontre avec la chapelle du musée inspire à Zec la création d’une œuvre pour cette exposition lilloise, une toile grand format, qui rejoint son goût pour la composition forte et la présence tangible de l’homme. C’est un terrain connu pour Zec, le lieu du Sacré. En 2014, il a réalisé une Déposition pour l’église du Saint Nom de Jésus à l’Argentina à Rome, peinture qui côtoie patrimoine et oeuvres du XVe siècle.

A Lille, c’est un homme suspendu, proche du rythme et de la matérialité de ses compositions religieuses que Zec propose mais proche aussi des crucifixions des maîtres anciens. Ce corps prend place au coeur de la chapelle, il est grandiloquent. Zec le charge d’un poids, d’une matérialité, d’une vérité encore plus marquée par le fait que ce corps se présente de face et de dos.

Ses oeuvres « (...) renferment sans aucun doute la tension mise par Zec à faire de sa peinture un langage total, un grand théâtre de représentations sacrées et profanes (...)» Giandomenico Romanelli

" Corps pendu " (vue de face), 2016 - Tempera, collage et acrylique sur papier [200x140cm] -

En cours de réalisation dans l'atelier de l'artiste

La gravure comme la mine

Estampes, carnets et études

Pour Zec l’essentiel est de savoir tou- cher et aborder les matériaux. Il travaille alors tous les jours et change régulièrement de thèmes, de formats, de techniques petits formats, esquisses, essais, croquis, toiles de 2 m. Il passe de la tempera à l’huile, du dessin à la gravure. Des dizaines et des dizaines de variations sur un même thème abandonné puis repris. Après la guerre, il enlève la couleur et se concentre sur le noir pour enlever « la beauté ». La Pièce aux cent florins de Rembrandt, cette oeuvre, une eau forte, rencontrée à l’âge de 15 ans qui fut l’un de ses premiers ravissements et aussi l’un de ses plus grands défis.

Assiette, cuillère, pain Vernis mou et pointe sèche [70x100cm]


Hommage à rembrandt  Eau forte et pointe sèche [60x80cm]

J’avais découvert la puissance et la force d’une main dont l’arme unique est un crayon, une pointe sèche »


Safet Zec «Il descend dans les profondeurs récupérer la matière qui donnera vie à toutes les formes» Domenico Luciani

Bibliographie



Ceramolle de Safet Zec

Catalogue avec les gravures et dessins pour le vernis mou, textes de Michèle Broutta, Lorenza Salamon, Danilo Kis, Safet Zec, Jorge Semprun, Pascal Bonafoux et Domenico Luciani Editions Qupé.

Déposition de Safet Zec

Textes de P. Daniele Libanori Giandomenico Romanelli et Pascal Bonafoux Editions Qupé,

Safet Zec, L’opera incisa

Triennale Europea dell’Incisione, Udine, Safet Zec de Pascal Bonafoux, Editions Qupé, Paris,

Zec - peintures dessins gravures

Livre publié à l’occasion de l’exposition à Lille écrits de : Martine Aubry, Arnauld Brejon de Lavergnée, Pascal Bonafoux, Ivan Lovrenovic, Safet Zec coéd. Somogy éditions d’art et Palais des Beaux Arts de Lille, Safet Zec, Con-divisionni Abbazia di Rosazzo.

Remerciements à la Mairie de Lille,à la direction du Musée de l’Hospice Comtesse de Lille,  à la direction du musée Palais des Beaux-Arts de Lille, à Clémentine Delespaul :  Service Développement et Communication du musée, à Mathilde Wardavoir du Service des Relations presse pour leur aimable autorisation et précieuse collaboration © 2016 -2017 Toute reproduction même partielle du document est rigoureusement interdite Copyright All Rights Reserved © musée : Palais des Beaux-Arts de Lille  © 2016-2017 www.infoquartier.com 

A propos de l’exposition : c’est déjà près de 12 000 visiteurs qui ont suivi cet évennement au musée. Grâce à cette exposition, la peinture et la vie peut s’apprécier un peu plus longtemps. Une belle occasion de passer  dans ce superbe musée, celui de l’Hospice Comtesse pour celles et ceux qui souhaitent découvrir les oeuvres intenses de Safet ZEC artiste contemporain.